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Risques, Travail, Marchés, Etat

INRA - RITME

Descriptif général

On assiste ces dernières années à une préoccupation croissante des pouvoirs publics comme des professionnels de la santé (humaine et animale) au phénomène de l'antibiorésistance. Depuis la fin des années 1990, de nombreuses mesures ont été adoptées afin de mieux maîtriser l'utilisation des antibiotiques et tenter de préserver l’un des principaux arsenaux thérapeutiques de la pharmacopée contemporaine. En France, le monde vétérinaire et agricole s'est récemment mobilisé pour encourager une réduction de l'utilisation des antibiotiques en élevage : le ministère de l'Agriculture a lancé en novembre 2011 le plan « Ecoantibio 2017 » qui vise à diminuer le recours à ces médicaments de 25% en cinq ans, tandis que certaines filières ont mis en place leurs propres normes pour accompagner ce mouvement (moratoire sur les céphalosporines de dernières générations chez la filière porcine, charte d'engagement de la filière cunicole...).

 Néanmoins, les modalités pratiques d’utilisation des antibiotiques en élevage, et par là même les conditions d’un changement de ces pratiques, restent encore peu connues. Celles-ci reposent vraisemblablement sur des logiques sociales hétérogènes, à la fois très variables et très complexes. En effet, si les antibiotiques constituent aujourd'hui l'un des principaux outils de gestion de la santé animale et occupent une place importante dans l'organisation technico-économique des élevages, la prolifération des normes visant à encadrer l’utilisation du médicament vétérinaire, la variété des pratiques dans chaque filière et la diversité des acteurs qui interviennent dans le circuit des antibiotiques, favorisent une multiplicité des conditions et des modalités pratiques de changement.

 Ce projet vise ainsi à étudier des "trajectoires de changement de pratiques". Il s’agit de s’intéresser à des acteurs qui s'efforcent depuis plusieurs années de diminuer leur utilisation d'antibiotiques, afin de comprendre comment la place qu’occupent les intrants pharmaceutiques dans leurs pratiques sanitaires (i.e. gestion des maladies animales) s’est progressivement modifiée. Dans une perspective transdisciplinaire, nous nous intéressons à la façon dont des facteurs sociaux, économiques et techniques interagissent dans ces trajectoires de changement, en enquêtant aussi bien auprès des éleveurs que des vétérinaires et des techniciens d’élevage.

 Le projet TRAJ est coordonné par Nicolas Fortané et Didier Torny et comprend des partenaires issus de 8 unités de l’INRA (4 départements représentés), 3 instituts techniques et un laboratoire de l’Anses. Il est financé dans le cadre du MP GISA et associe des chercheurs en sciences sociales, sciences animales et sciences vétérinaires. L’enquête sur la filière porcine démarre en 2014 et celles sur les filières aviaires et bovines en 2015.