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Risques, Travail, Marchés, Etat

INRA - RITME

Descriptif général

Depuis une vingtaine d’années, on assiste à une succession de crises sanitaires qui ont pour origine des maladies des animaux : l’Encéphalite Spongiforme Bovine – ESB (en Europe en 1996 et 2000), la fièvre aphteuse (en Grande-Bretagne en 2001 et 2007), la grippe aviaire H5N1 (depuis 2004, d’abord en Asie puis dans le monde entier), ou encore la fièvre catarrhale ovine - FCO (depuis 2006 dans toute l'Europe). Ces différentes crises ont à chaque fois affecté le secteur agricole et agroalimentaire, et parfois la santé humaine, selon des modalités variées. Elles ont également profondément remis en cause les formes d’actions publiques existantes. En effet, les crises mettent à l’épreuve à la fois les instruments de l’intervention publique (en questionnant leur efficacité et leur effectivité), les savoirs spécialisés (notamment les incertitudes qui les composent), les rapports entre science et politique ainsi que les relations entre différents groupes professionnels, qu’il s’agisse d’agents de l’Etat ou d’acteurs économiques privés.

Pour analyser les enjeux politiques de la gestion des maladies des animaux, les sciences sociales ont généralement privilégié une entrée par les évolutions des dispositifs d’expertise et d’action publique dues aux crises sanitaires (procéduralisation, création des agences sanitaires, réseaux de surveillance épidémiologique…). Nous proposons de compléter ces approches en analysant conjointement les évolutions des dispositifs d’intervention publique qui visent à assurer la santé animale et les recompositions de la profession vétérinaire, dont le quasi-monopole, historiquement constitué, sur la gestion des maladies animales, est aujourd’hui fortement contesté, tant par des groupes sociaux concurrents (éleveurs, médecins, pharmaciens, agronomes, etc.) que par les restructurations internes de la profession (vétérinaires inspecteurs, libéraux, salariés de l’industrie, experts, etc.).

La notion de « santé publique vétérinaire » (SPV) a émergé dans les institutions internationales au début des années 1950. Il s’agissait de « protéger et favoriser le bien-être de l'homme par l'utilisation des connaissances et des ressources associées de tous ceux qu'intéressent les divers problèmes de santé de l'homme et des animaux, ainsi que les rapports qui existent entre eux » (OMS, 1956). Tout au long de la deuxième moitié du XXème siècle, la conception de la médecine vétérinaire au service de la santé publique générale a été portée par des vétérinaires (comme James H. Steele ou Calvin Schwabe) s’est renforcée au sein des institutions internationales et étendue au-delà. Récemment, des organisations supranationales (la FAO, l'OIE, l'OMS) ont repris le concept « Un monde, Une seule santé » (One World, One Health), après plusieurs épisodes de pandémies grippales au début des années 2000. Placer la SPV au cœur de notre projet permet d’envisager une action publique spécifiquement liée aux savoirs et à l’activité vétérinaire. Il ne s’agit pas uniquement d’étudier tel ou tel programme d’action pour lutter contre une maladie particulière, mais d’envisager une logique globale d’appréhension des problèmes liés aux maladies des animaux.