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Risques, Travail, Marchés, Etat

INRA - RITME

Présentation de l'unité

Quinquennat 2010-2014

L’unité RiTME centre son projet sur les modalités par lesquelles les risques collectifs sont socialement construits et traités, principalement dans les domaines sanitaires et alimentaires, et les formes de prise en compte des considérations éthiques et environnementales (ou qui se prétendent telles) dans la sphère marchande comme de nouvelles expressions du politique. Prenant acte du développement de normes privées dans des secteurs de forte tradition réglementaire, ce projet s’intéresse à leur articulation avec les régulations publiques, dominantes au cours de la seconde moitié du XXème siècle.

L’objectif est de comprendre les formes propres à chaque mode de régulation, ainsi que la nature de leur coexistence (substitution, concurrence, syncrétisme), tant sur le mode routinier qu’en situation de crise.

Ces recherches reposent sur l’exploration de deux ensembles thématiques :

> Le premier concerne les questions de risques sanitaires et alimentaires. Les recherches se focalisent d’une part sur les mobilisations publiques et les formes d’actions associées (alertes, plaintes judiciaires, contre-expertise, …) pour faire reconnaître un problème comme un risque sanitaire (lien santé-travail dans l’usage des pesticides, impacts des résidus médicamenteux ou phytosanitaires dans les produits agricoles, effets délétères de l’excès de sel dans les aliments transformés, etc.), d’autre part sur la gestion sanitaire privée ou publique des aliments (y compris les enjeux sanitaires de la nutrition), des productions agricoles (conduite sanitaire des troupeaux, instrumentation de la gestion des maladies des animaux…) ou de la faune sauvage (gestion et prévention nationale et européenne de la rage, et surveillance des souches de grippe aviaire)
> Le deuxième concerne les enjeux éthiques et environnementaux de la production et des transactions marchandes, mobilisés à travers des signes de qualité et des certifications (AB, Agriculture Raisonnée, écolabellisation…). Il s’intéresse au développement d’une production et d’une consommation engagées, au nom de l’agriculture biologique, du développement durable ou du commerce équitable, en mettant en évidence la mise en concurrence des différents certificateurs, le profil sociologique des acteurs qui choisissent de produire ou de consommer dans ce cadre et les effets sociaux de cette nouvelle façon de réguler l’activité économique.

La sociologie constitue l’ancrage disciplinaire principal de l’unité, dont les méthodes intègrent les analyses quantitatives et qualitatives à forte composante ethnographique, ayant recours à des entretiens, des observations, à des analyses statistiques mais également à des études documentaires et archivistiques…
Nous portons une grande attention à la comparaison des situations locales, des pratiques des acteurs, à la façon dont ils mobilisent des ressources, donnent sens à des problèmes et construisent des argumentations pour se justifier en situation d’épreuve, qu’elles portent sur l’intérêt, la justesse, la validité, la légitimité, l’efficacité ou l’applicabilité de la norme.

La tension entre arrangement local et caractère générique - voire ambition universalisante -des normes est au cœur du travail de terrain, parce qu’elle constitue une source majeure de conflit entre les différentes parties impliquées.